Actions et lutte contre les exclusions

tr3_rlocqueneux3tr3_rlocqueneux4Le samedi 15 octobre 2016 nous avons participé à une table ronde animée par Emmanuelle Soublin, directrice de la communication.
Marie-Aleth Grard, déléguée nationale ATD quart Monde
René Locqueneux, militant ATD Quart Monde
Jean Furtos, psychiatre à Lyon, spécialiste en santé mentale et précarité

ATD nous avons beaucoup expliqué nos actions : aller à la rencontre des plus pauvres, accompagner, partir des demandes de la personne accompagnée, faire avec. tr3_photo_cp_light2

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France-Monde LA VOIX DU NORD
Des minimas sociaux au CDI : la métropole lilloise candidate pour des territoires «zéro chômeur»
Publié le 09/05/2016
ANNE-SOPHIE HACHE

Si la solution au chômage de longue durée venait de la société civile ?

L’association ATD Quart monde expérimente sur quatre territoires un projet pilote pour éradiquer le chômage de longue durée sans surcoût pour l’État. La métropole lilloise est volontaire.

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C’est quoi l’idée ?

C’est d’utiliser l’argent public que coûte un chômeur de longue durée, c’est-à-dire, au chômage depuis au moins un an, pour lui financer un emploi en CDI.
L’« emploi aidé », puisque c’en est une forme, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est de partir des chômeurs, pas des emplois. L’association ATD Quart monde, à l’origine du projet « Territoires zéro chômeur de longue durée », défend l’idée que « s’il n’y a pas d’emplois, ce n’est pas le travail qui manque », des travaux utiles à la société mais non réalisés parce que pas assez rentables pour des entreprises classiques.
ATD propose d’employer en CDI, dans des entreprises solidaires existantes ou à créer, des chômeurs longue durée, selon leurs compétences, pour réaliser ces travaux. Comme ces emplois ne sont pas « rentables », les entreprises solidaires seraient subventionnées grâce aux fonds avant utilisés pour verser des allocations et aides aux chômeurs.
On parle de quels boulots ?
Si on prend l’exemple de Pipriac et Saint-Ganton, deux communes d’Ille-et-Vilaine où le projet est expérimenté, du travail a été identifié dans quatre domaines principalement : les services à la personne (de l’aide aux devoirs aux travaux de jardinage, du ramassage des légumes à l’accompagnement de personnes handicapées ou âgées…), dans l’aménagement et l’entretien (des sentiers de randonnée, des squares, de la signalétique, du fleurissement…), les services aux collectivités, associations (surveiller la cantine, l’entretien des locaux publics etc.), dans l’animation culturelle ou sportive (bibliothèque, animations autour du patrimoine…).
Des petits boulots ? « Contrairement à ce qu’on peut penser, faire du ménage chez une personne âgée, ça s’apprend », illustre Patrick Valentin, responsable du projet chez ATD. Il ne s’agit pas de trouver des petits jobs bouche-trous pour occuper les gens mais de professionnaliser des travaux qui, aujourd’hui, ne le sont pas forcément et du même coup, de les valoriser. La formation des chômeurs fait partie intégrante du projet. C’est aussi pour cette raison que la première étape est d’identifier les savoir-faire des gens, leurs envies, les formations possibles, puis de recenser les travaux utiles pour faire correspondre les deux.

Pourquoi ce n’est pas simple

Les emplois créés ne doivent pas concurrencer des emplois « classiques » et risquer de les limiter, voire de les détruire. Ils doivent donc concerner un travail qui n’intéressera pas une société, un artisan… parce qu’ils ne gagneraient pas d’argent à le faire. Et comme le marché du travail évolue en permanence, il faudra contrôler en permanence.
La réussite du projet tient donc à de bons rapports avec les artisans, les entrepreneurs du coin…
Elle dépend aussi bien sûr des élus locaux. Sans parler d’un gros travail de bénévolat, démarrer le projet demande un investissement financier initial (ne serait-ce qu’embaucher un chef de projet à temps plein) qui ne sera pas financé par l’État.
Il faut donc que la commune ou la communauté de communes, le département ou la région y croit suffisamment pour mettre la main à la poche au moins pour lancer le projet, créer l’entreprise solidaire… Bref, il faut convaincre tout le monde.
Transférer le coût global d’un chômeur (aides directes, indirectes, coûts induits) en une subvention unique n’est pas non plus simple : toutes ces aides viennent de lignes budgétaires, de ministères, de niveaux (État, département…) différents.
Il faut aussi chiffrer ce coût, ATD l’a estimé (15 000 € par an, par chômeur) mais l’État suivra-t-il ? Les discussions sont toujours en cours.

Où est-ce expérimenté ?

En janvier dernier, les sénateurs ont voté la proposition de loi (portée par le député Laurent Grandguillaume) autorisant l’expérimentation sur dix territoires. Aux communes ou communauté de communes de se porter candidates pour en faire partie, le ministère du Travail les sélectionnera.
Quatre territoires candidats ont déjà débuté l’expérimentation et bien avancé : la communauté de communes du pays de Colombey et du Sud toulois (11 500 habitants) en est à la première phase, la rencontre avec les chômeurs pour définir leurs compétences, leurs envies… Pipriac (3 600 habitants) et Saint- Ganton (450 habitants), deux communes d’Ille-et-Vilaine en sont à l’étape suivante : ils recensent les travaux utiles. Même chose dans les Deux-Sèvres pour Le Grand Mauléon (9 000 habitants).
La communauté de communes Entre Nièvre et forêts (4 569 habitants), plus avancée encore, est en train d’élaborer le business plan de l’entreprise solidaire qui sera créée.

Margaux Gilquin, depuis huit ans sans CDI

Vous aurez du mal à retenir vos larmes : dans Le Dernier Salaire, Margaux Gilquin raconte le combat quotidien qu’elle, chômeur de longue durée, livre pour trouver du travail, depuis son licenciement après que l’entreprise où elle travaillait a été rachetée. Elle avait 48 ans à l’époque, elle en a 56 aujourd’hui, toujours pas de travail.
Pourtant Dieu sait qu’elle se bat avec une volonté de tous les diables. Voilà une femme qui a passé son bac à plus de 30 ans, un BTS, est devenue bilingue en anglais et une secrétaire de direction expérimentée quand le ciel lui est tombé sur la tête.
Ce qu’elle a fait pour trouver du travail, on s’avoue, honteux, qu’on n’aurait sans doute pas eu son courage : aller à l’aéroport de Roissy distribuer son CV à des hommes d’affaires au costume soigné, en partance pour New York, sous des regards au mieux surpris, au pire méprisants.
Margaux Gilquin ne nous raconte pas qu’une recherche d’emploi, elle dit tout ce qui l’entoure : les montagnes russes de l’espoir au désespoir, faire bonne figure devant des offres fantaisistes, devant une jeune recruteuse qui l’appelle « mamie », la gronde comme un enfant ou quand on lui balance qu’après 50 ans, le CDI c’est fini.
On finit par se demander ce qui est le pire à supporter : l’absence de boulot ou de bienveillance, l’abandon, la peur « rampante, sourde, qui glace le sang » tout au long de ces années, de finir dans la rue, sous un carton. Ce jour-là n’arrivera pas, elle préférera « disparaître dans la montagne ». Avec élégance. Mieux encore, elle va décrocher un CDI, elle se bat encore.

 

INFORMATIONS GENERALES
09/05/2016

dans la région, les initiatives fleurissent

Avec un taux de chômage pas loin de 13 % (et des pointes à 16 % dans le Calaisis, en Thiérache ou dans la région de Lens-Hénin), la région ne pouvait pas rester indifférente à un projet qui promet des territoires « zéro chômeur de longue durée ». Les initiatives ont fleuri.

Du côté de Lens, Liévin, on en est à la troisième réunion à l’initiative de l’association Droit au travail, elle est organisée le 24 mai où sont notamment conviés les élus de Lens, Liévin, Loos-en-Gohelle.
En Sambre-Avesnois, après une première réunion fin février, l’association Le Lien en prévoit une nouvelle pour qu’une structure plus costaude que la leur porte le projet.
C’est beaucoup plus avancé dans le Boulonnais ou dans la métropole lilloise où les élus se sont mobilisés.
Dans le Boulonnais, ATD Quart Monde et les associations de solidarité qui portent le projet ont reçu l’adhésion des élus de la ville de Boulogne-sur-Mer et de la CAB (communauté d’agglomération du Boulonnais), partie prenante d’un comité de pilotage et soutien politique indispensable pour que le projet aille plus loin.
Même chose dans la métropole lilloise, où la MEL (la communauté d’agglomérations de Lille, 45 000 demandeurs d’emploi de longue durée) aimerait faire partie de la première vague des dix territoires d’expérimentation, elle a dores et déjà candidaté. « Nous sommes dans les starting-blocks », s’enthousiasme Christiane Bouchart, élue à la MEL.

C’est la dernière ligne droite avant le vote du conseil communautaire de mai sur le mode de gestion de la distribution d’eau.

Venez vous faire votre propre opinion sur l’intérêt d’une gestion publique de l’eau.

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Le 31 mars, la CAMVS, Communauté Agglomération  Maubeuge Val de Sambre, va choisir son mode de gestion de la distribution d’eau.
Le collectif du refus de la misère se mobilise depuis plusieurs années en faveur d’une gestion en régie publique.

Il organise une ultime opération de sensibilisation des usagers à l’occasion de la journée mondiale de l’eau ce
MARDI 22 MARS de 16H à 18H sur le rond point situé devant O’Ciné à Maubeuge.

Nous avons besoin de vous pour tenir de grandes banderoles fabriquées ce WE, pour distribuer des flyers, ou pour simplement soutenir cette action.
Merci d’en parler autour de vous.

A l’occasion du conseil communautaire au cours duquel le sujet de la distribution de l’eau sera soumis au vote,   nous vous donnons rendez-vous  pour faire une « haie d’honneur » aux élus communautaires avec les banderoles et distribuer des flyers.

JEUDI 31 MARS, rendez-vous à 17h30 devant la mairie de Maubeuge.

EAU-22et31 mars

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Venez nombreux, les membres du groupe ATD Quart Monde Sambre Avesnois serons très heureux de vous y rencontrer.

En avant pour 2016 !

Groupe local ATD Quart-Monde de SAMBRE-AVESNOIS

Vous pouvez rencontrer les militants dans la salle de réunion
Hall de la piscine Pasteur de 14h à 16h
Boulevard Pasteur à MAUBEUGE

Réunion mensuelles :
Vendredi 8 janvier, 5 février, 4 mars, 1 avril, 6 mai, 3 juin 2016.

Réunion de préparation de l’ Université Populaire Quart-Monde :
Vendredi 15 janvier, 11 mars, 8 avril, 13 mai 2016.

MEILLEURS VOEUX POUR L’ANNEE 2016
Nous vous attendons à ces rencontres de 14h à 16h autour d’un café

A bientôt !

Il a fallu plusieurs fois aller rechercher des chaises, car plus de 75 personnes ont tenu à participer à l’hommage donné à Jean-Marie DERESNES ce 17 octobre 2015.

Ses voisins du quartier, Monsieur le Maire et 4 adjoints, les paroissiens, les membres du groupe de partage de saint Vincent de Paul, les amis d’ ATD Quart-Monde de Sambre Avesnois et même de Belgique, du collectif du refus de la misère , des citoyens venus célébrer la journée mondiale …

20070203 005Avec beaucoup d’émotion Michèle R. a évoqué les combats menés par Jean-Marie dans sa ville et au delà en particulier sur le logement, « une cause prioritaire pour toi qui en a été privé durant 10 ans. Tu interpellais le maire pour des problèmes dans ta ville et ton quartier. Une simple visite chez toi et Marie-Noëlle apaisait mon cœur et me donnait envie de continuer ma route … ».

Marc a parlé du rôle très important que Jean-Marie a eu dans les premiers travaux de croisement des savoirs et des pratiques auxquels lui-même avait également participé.

Ensuite la parole a été donnée à ceux qui aujourd’hui agissent là où ils sont :

Monique et Yolande ont parlé de l’entraide au sein du groupe de partage de Saint Vincent de Paul. Elles y puisent de la force car depuis leur tendre enfance elles ont connu bien des galères. Aujourd’hui elles sont debout.

12132390_1641858382765823_1587085774527919474_oJessica a évoqué courageusement son combat pour récupérer ses 5 enfants confiés à des familles d’accueil par l’Aide Sociale à l’Enfance : « Je vois que ça avance parce que je les ai de plus en plus à la maison … Le week-end on passe du temps à faire les devoirs ou à jouer à des jeux de société, au Monopoly ou aux cartes. Quand il fait beau temps c’est promenade. L’été on installe la piscine dans le jardin. Le mercredi je pars toute l’après midi pour conduire et ramener les filles aux majorettes à Neuf Mesnil …. Si je parle aujourd’hui c’est pour donner du courage à toutes les familles qui sont dans la même situation, pour qu’elles ne baissent pas les bras. ».

René a parlé de son implication fidèle dans le groupe local ATD Sambre Avesnois depuis plus de 20 ans, des petits papiers qu’il distribue à la porte de la Poste, d’ Ozanam ou de la Croix Rouge pour toucher de nouvelles personnes. De l’Université Populaire Quart Monde qui permet aux plus pauvres d’oser s’exprimer, de révéler leur intelligence, et à tous les citoyens de s’enrichir en se confrontant sur des thèmes de société .IMG-20150602-00546 René participe également à l’ Université Populaire Européenne : « Depuis 1989, tous les deux ans il y a une Université Populaire Quart Monde Européenne, qui rassemble des personnes vivant dans la pauvreté de toute l’Europe et leur permet de dialoguer avec des élus et des fonctionnaires des institutions européennes… Nous avons pensé qu’il fallait faire des propositions qui soient recevables et qui puissent avoir un impact sur les politiques européennes. Pour cela il fallait connaître ces politiques et il fallait aussi connaître et comprendre les personnes qui travaillent à Bruxelles sur ces politiques. Il fallait croiser nos expériences entre des personnes qui connaissent la pauvreté et des personnes en lien avec les institutions européennes. Nous avons donc créé un groupe pour préparer l’Université Populaire Européenne et faire des propositions à l’occasion des élections européennes.
La richesse du Mouvement ATD Quart Monde c’est qu’on peut rencontrer des personnes de différents milieux. Comme disait l’une d’entre nous à un fonctionnaire : On se croiserait dans la rue, on ne se dirait même pas bonjour! Ici on réfléchit ensemble et vous employez des mots simples. »

De l’Europe nous avons élargi notre regard vers le monde avec la lecture faite par Nelly du message de la déléguée générale du mouvement Isabelle Pypaert Perrin: « Qui sont aujourd’hui ces – millions et millions d’enfants, de femmes et de pères ?– Encore et toujours obligés de partir, cherchant la vie, marchant des semaines, des mois durant , avec souvent pour seule richesse ce qu’ils portent sur eux, quelquefois leurs enfants …Ne sommes-nous pas ensemble pour apprendre de tous ceux qui, à cause de leur souffrance et de leur espoir veulent que le monde avance ? C’est avec eux que nous pourrons gagner la paix dont le monde a besoin, parce qu’au delà de l’amertume, ils fondent leur espérance et puisent leur force dans la fraternité. »

Michèle a dit que pour elle, ces millions d’enfants, de femmes et de pères ont un nom, un prénom et ils vivent à côté de nous. Elle parlait de Pétru, Ida et leurs 5 enfants bientôt 6, rencontrés depuis janvier 2015 qui habitent un squat sans eau, sans électricité, sans chauffage. « Tout est difficile pour eux et nous avons bien du mal à nous comprendre parce que nous ne parlons pas la même langue et que nous ne fonctionnons pas de la même façon. Mais aujourd’hui, ce n’est pas de tous ces problèmes dont je veux témoigner mais des choses belles qu’ils m’ont données de voir… » Michèle a évoqué l’envie d’apprendre de Larisa, l’entraide des enfants même des touts petits, le repas préparé par la maman sur un feu de bois dans la cour, et de nombreux autres moments vécus ensemble. « Ces moments vécus et et partagés avec eux, j’avais envie de les partager avec vous. Ils m’aident à les regarder autrement et j’aimerai que nous puissions tous les regarder autrement, pas comme des personnes qui viennent prendre le peu qu’on a mais comme des personnes qui ont de belles choses à partager. »P1160379

Nicole du comité de « Femmes solidaires » de Feignies a lu le communiqué diffusé à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, qui a recueilli 2000 questionnaires permettant de décrire la situation des femmes alors que beaucoup n’osent pas en parler. « Voici quelques témoignages recueillis à Feignies en réponse à la question «  pour vous , la pauvreté , c’est quoi ? » : se priver du nécessaire , ne plus pouvoir honorer ses factures , avoir du mal à boucler ses fins de mois , ne plus pouvoir faire ses courses normalement et dépendre des Restos du cœur , vivre dans un logement mal chauffé pour cause d’impayés , ne pas pouvoir se nourrir correctement , ne pas pouvoir se soigner , avoir du travail mais ne pas pouvoir se loger , ne pas pouvoir se cultiver , ne pas pouvoir avoir des loisirs favorables à la santé et au développement personnel , se sentir diminuée. … Le 25 novembre , on célébrera la journée contre les violences faites aux femmes mais la première des violences faites aux femmes c’est la pauvreté ! »

Ces quelques extraits témoignent de la richesse de ce 17 octobre 2015 à Ferrière La Grande. Après chaque prise de parole les interventions spontanées renforçaient les contributions. La vidéo du Festival des Savoirs et des Arts a permis une respiration joyeuse tout en évoquant les bons moments d ‘échanges des savoirs à Louvroil au cours du mois de juillet dernier.

Et c’est autour d’un goûter offert par la paroisse et servi par les membres du groupe local que les dialogues se sont poursuivis.C’était le moment également de découvrir l’exposition sur les idées fausses et les actions du collectif du refus de la misère installée dans la salle des fêtes.

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