Actions et lutte contre les exclusions

Archives de mai, 2014

porte ouverte du groupe local atd quart monde. Vous êtes les bienvenus le 13 juin 2014 à Maubeuge

Le groupe local ATD Quart Monde de Sambre-Avesnois

vous invite le vendredi 13 juin 2014
de 14 h à 16 h 30
dans le hall de la piscine Pasteur boulevard Pasteur à Maubeuge
salle de réunion à droite

Pour échange autour d’un café, un moment convivial, familial

ENTREE GRATUITE

14 propositions d’atd quart monde pour une Europe plus solidaire

Dans le cadre des élections européennes, ATD Quart Monde fait 14  propositions pour une Europe plus solidaire.
PENSER ET BATIR ENSEMBLE UNE EUROPE SANS PAUVRETE NI EXCLUSION
Droits International Politique
A l’approches des élections européennes, quel constat remonte des personnes les plus en difficulté ? « Les Etats européens ont échoué avec les familles les plus pauvres. » affirme Clara, en Espagne, dont la maison a été démolie et qui vit avec sa famille dans un camion.
L’Europe, dans sa stratégie 2020, a défini des objectifs de lutte contre la pauvreté, pourtant l’extrême pauvreté persiste. De nombreuses personnes sont privées de moyens d’existence, expulsées de leur logement, contraintes de vivre des situations où elles sont criminalisées ou pénalisées. ATD Quart Monde attend que la nouvelle Commission européenne et le nouveau Parlement travaillent pour remettre l’être humain et les droits de l’Homme au cœur des politiques européennes.
Pendant un an, des personnes en situation de pauvreté de 10 pays ont travaillé à 14 propositions pour une Europe plus solidaire.

vous pouvez voir ces propositions sur http://www.atd-quartmonde.fr

Les échanges continuent à propos de l’expérience de Janine Bechet auprès des Roms

Une des orientations du mouvement ATD Quart monde pour les 5 ans à venir est de continuer inlassablement d’aller à la rencontre des plus pauvres. A titre d’exemple, la délégation générale cite l’engagement de Janine Béchet auprès des roms du Val d’Oise depuis plus de 12 ans. Ce texte proposé comme support de réflexion aux membres du collectif Rom Sambre a suscité des réactions diverses que nous trouvons intéressant de partager avec vous.

 » France (Val d’Oise) : la rencontre des familles Roms . Depuis douze ans je rencontre des familles roumaines Roms dans le département du Val d’Oise en France. Si ces familles vivent dans le dénuement, à l’écart des villes, regroupées sur des terrains squattés et en caravanes ou dans des baraques, on découvre en les rencontrant dans la durée des différences de conditions de vie entre elles. Il y a celles qui parlent français, celles qui ne le parlent pas, celles qui ont un véhicule, celles qui n’en ont pas, celles qui récupèrent de la ferraille, celles qui ne le font pas, celles qui ont une caravane, celles qui n’en ont pas.

En fréquentant régulièrement les habitants installés sur ce terrain situé sur une commune du Val d’Oise , j’ai remarqué une famille parmi les autres. Les parents ont la cinquantaine, deux adolescentes, deux aînés sont en couple avec enfants, un ici, l’autre en Roumanie. Elle est la seule à avoir construit une baraque. Une baraque entourée/envahie de plein de choses, plus ou moins cassées, une table avec de la vaisselle, de la nourriture, des papiers, des bouteilles plastique vides. Chaque fois que je vais là, je fais le tour des caravanes et je veille à avoir du temps pour m’arrêter chez eux. Prendre le temps de les rencontrer, de créer des liens.
Très vite, j’ai entendu qu’ils parlaient très fort entre eux. En approchant de leur baraque, j’ai entendu crier. Je ressentais une violence latente. Témoin de cris entre eux, en fonction de leur force et de l’énervement, je pouvais repartir pour revenir une demi-heure après ou le lendemain, je pouvais tenter un mot d’humour qui détendait l’atmosphère, ça c’était quand les cris n’étaient pas trop forts.
Les disputes de Mr et Mme C. sont fréquentes entre eux et aussi avec les autres occupants du terrain. Le fils D., né en 1989, père de trois enfants a aussi des accès de violence, il peut frapper. Sa compagne le sait ! J’ai été la rejoindre sur le chemin où elle voulait s’enfuir après des violences de la famille. Serait-elle moins seule si elle marchait près de quelqu’un ? Un jour j’ai retrouvé Madame allongée, pleine de douleurs, le visage marqué. Elle avait été frappée par une voisine.
Ils restent surtout entre eux. Je n’ai jamais vu une autre personne chez eux. Chaque fois que je vais sur ce terrain, je passe de caravane en caravane et veux avoir le temps de m’arrêter chez eux. Ils paraissent manquer de maîtrise, ballottés par les aléas de la vie. Il y a souvent des tensions avec les autres. Il est parfois difficile de dialoguer. Monsieur s’énerve, s’embrouille, réclame des choses. Il y a aussi l’alcool.
Peu à peu nous nous sommes apprivoisés. Après avoir obtenu l’Aide Médicale d’État (prise en charge des soins médicaux par l’État pour les familles en situation irrégulière dans le pays), Monsieur a commencé à soigner sa nervosité . Je ne dirais pas qu’ils sont en permanence exclus par les autres. Ils ne sont pas toujours enfermés dans leur faiblesses, mais c’est dur par moments. Ainsi lors d’une expulsion (avril 2010), ils sont les seuls à ne pas avoir pu suivre le groupe. Ils iront vers un autre lieu près d’un centre commercial, sous un pont, au bord d’une route passante.
Aujourd’hui je les vois toujours, ils ont une petite caravane. Ils sont sur un terrain squatté sans eau, sans électricité. Ils forment un petit groupe, une majorité de personnes sont de leur famille. Monsieur est seul, sa femme est repartie pour un temps en Roumanie. Il n’y a plus D. et sa compagne avec les trois enfants, mais il y a un autre fils en couple avec quatre enfants, un oncle, une autre famille.
Dans mes rencontres avec les familles de ce terrain, j’ai voulu créer et entretenir un lien avec cette famille où il y avait trois générations. Je la percevais plus fragile, plus isolée que les autres. Je voyais sa vulnérabilité, ses incohérences.
Chaque fois que j’allais dans ce lieu, je passais chez eux, en fonction des circonstances au moins dire bonjour, ou échanger longuement. Même sans percevoir leur projet, je veillais à leur demande. Par exemple, s’ils voulaient voir un médecin, alors nous sommes allés à l’Espace santé insertion, j’ai fait avec eux la demande de l’Aide Médicale d’Etat. La venue de leur belle-fille S. (née en 1991) a renforcé des liens. Elle était enceinte, ne parlant pas un mot de français, complètement désorientée en arrivant ici, en 2006/2007, 2008/2009, puis 2010/2011. Je l’ai accompagnée pour le suivi de ses grossesses, voyant qu’elle gagnait en organisation et même en prévoyance. Au gré de ces rencontres régulières, une connaissance réciproque a été possible, une complicité est née. Il y a eu trois grossesses. J’avais de la tendresse pour S. et ses enfants auraient conquis tous les coeurs, le mien c’est sûr. Rieurs, un tantinet espiègles, à l’esprit vif, ils venaient toujours vers moi dès qu’ils voyaient la voiture s’arrêter. Ils ont contribué à garder, renforcer les relations, à y mettre de la bonne humeur aussi. Relations vécues avec une impuissance certaine face à l’immensité de leur dénuement, l’absence de ressources, de possibilités réalistes…. et un rejet par une majorité des habitants de la ville. Seul n’est-ce pas encore plus dur ? Mon engagement, mon investissement est, entre autre, nourri par cette pensée. Souvent en échangeant, on réfléchit, on entrevoit des choses, on rit aussi et on fait un pas, puis un autre et tout compte fait on avance. » Janine Béchet

Quelques commentaires  :

Un beau témoignage qui ne parle que d’humanité, que je ne trouve pas triste, qui montre les limites et l’impuissance, mais surtout l’importance de la rencontre, de créer des liens, sans rien attendre en retour, gratuitement.
Ca, c’est super!
Jean-Marie

Merci à notre « glaneuse » de portions de vie qui nous prennent aux tripes!!!!
Pour ma part, je ne suis pas du même avis que Jean-Marie: je ressens une grande tristesse face à ce dénuement et notre impuissance.
Par contre, j’admire la persévérance de cette dame qui apporte une lueur d’espérance dans le réconfort qu’elle procure à ces familles. Il est indéniable que l’union fait la force: ne restons pas seuls dans ces démarches d’accompagnement!

Christiane

 

Un beau témoignage « vivant » de ce que l’on peut voir ou ressentir face à ces personnes « Roms ».
Que ce soit dans un campement improvisé ou dans une chambre d’hôtel avec assignation et une O Q T F , le maître mot est la promiscuité ( je ne parle pas de tous les manques tels que chauffage, eau..en campement) qui favorise toutes sortes de dérives.
Sans travail, attendant une issue à leur situation, la promiscuité pousse à des incidents, plus ou moins graves.
Les bénévoles ont leur rôle de régulateur, ils élargissent le champs d’horizon (dans tous les sens du mot) en montrant que nous sommes avec eux, que nous pensons à eux.
Face aux lois gouvernementales, nous sommes assez démunis pour agir mais face à notre conscience, nous n’avons pas de loi et nous pouvons les aider. Notre présence représente une espérance pour que ces personnes « Roms »soient considérées comme des personnes avant d’être des « Roms » sinon où est la dignité humaine ?
Petit à petit, on avance dans nos convictions et eux dans leur espoir d’un changement.

Comment expliquer que le gouvernement les oblige à quémander, s’enivrer pour oublier, voire trafiquer…. et après il les réprimande pour ces mêmes motifs. !!!!

P.S.
Comment peut-on vivre dans une pièce de 4 x 4 à 5 , pendant 3 mois, sans possibilité de cuisiner, de maintenir la pièce en bon ordre, de ne pas se disputer, de travailler et avec pour seul horizon : l’attente…

Angélina

 

 

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